Promenade n° 4 : Bois de Lauzelle
1. Un bois aux essences variées et aux fonctions multiples
Le bois de Lauzelle présente une grande diversité de biotopes, parfois sur de faibles distances. Ceci peut être dû à un contraste d’exposition, de sol… On passe de zones confinées à des zones plus dégagées.
La première zone du parcours présente une végétation pionnière et héliophile (qui apprécie la lumière): chênes, châtaigniers, frênes, tilleuls, bouleaux verruqueux, merisiers. Dans cette zone assez éclairée, on rencontre aisément le pouillot véloce ainsi que la fauvette des jardins, l’accenteur mouchet et le rouge-gorge. Vous serez peut-être surpris par le nombre de nichoirs qui s'y trouvent. Rappelons que le bois est exploité économiquement. Les nichoirs sont sensés remplacer les arbres abattus dans le cadre de cette exploitation.
2. La vallée du Blanc Ry
La vallée traversée par un ruisseau, le Petit Ry, est perpendiculaire à la vallée de la Dyle. Ce ruisseau présente une qualité biologique remarquable (indice biotique 10/10), ce qui explique la présence importante d'écrevisses, limnées, gammares. Ces insectes aquatiques se nourrissent abondamment des détritus de végétaux, contribuant ainsi à la dégradation de la matière organique. Notre circuit ne passe pas par là, mais nous vous proposons de faire un petit crochet par la gauche, en direction de l’étang du Blanc Ry. Vous ne serez pas déçu par le spectacle des nombreux oiseaux qui vivent dans ce véritable paradis. Les îles flottantes ont été construites à leur intention. Une île permanente (réalisée à partir d’un tumulus de terre) est en cours d’achèvement.
Plusieurs sources alimentent le Petit Ry. Deux émergences d’eau pure (indice biotique 10/10) ont fait l’objet d’aménagements. Vous pourrez éventuellement vous désaltérer à la "Fontaine de l’arbre qui pleure". Mais n’oubliez pas que c’est une eau vivante qui ne répond pas aux normes européennes.
3. De formidables fourmilières dans un peuplement d’épicéa
L’épicéa constitue l'une des principales essences résineuses en Europe occidentale. C'est un excellent bois de charpente. Il est aussi utilisé pour la fabrication des meubles et des planchers. Depuis le chemin, vous pourrez observer d’énormes dômes d’aiguilles de conifères et de brindilles. Réalisés par des fourmis, ils servent de protection - contre les intempéries et les variations de température - pour le nid constitué dans le sol. Surtout ne quittez pas le chemin pour aller les observer de plus près: vous risqueriez de les anéantir !
Si vous passiez votre main au dessus de la fourmilière - mais nous ne vous autorisons pas à le faire - vous percevriez immédiatement l’odeur de l’acide formique que les fourmis expulsent pour se défendre ou pour tuer leur proie.
Un panneau didactique installé à proximité de la « Fontaine de l’arbre qui pleure » donne des informations intéressantes sur le fonctionnement d’une fourmilière et sa société de fourmis.
4. Les mares
Plusieurs pièces d’eau ont été aménagées pour favoriser l’installation de la faune aquatique, dont les batraciens. Contrairement à la grenouille rousse, au crapaud commun, au crapaud accoucheur (alite) dont les têtards sont très nombreux dans les eaux stagnantes, la salamandre et les tritons alpestres se reproduisent dans les eaux libres et courantes. Cet amphibien en voie de disparition est heureusement en pleine expansion dans le bois de Lauzelle. Ces diverses zones sont occupées principalement par des végétaux un peu moins connus mais tout à fait indigènes.
5. Les arbres morts, un délice pour les pics
Avant de monter le sentier du 550e, vous pourrez observer, dans l’étang à droite, plusieurs arbres morts dont les troncs ont été torpillés par le pic épeiche, le pic noir et le pic vert. Les troncs leur servent de tambour et à l’occasion, de nid, que d’autres - la chauve-souris, le grimpereau et une multitude d’insectes - n’hésitent pas à occuper. En été, les pics se nourrissent d’insectes xylophages qu’il recherche en martelant les troncs. A la mauvaise saison, ils deviennent végétariens omnivores, grappillant toute nourriture disponible. Ils marquent leur territoire par le tambourinage, nettement plus puissant et régulier que le martèlement. Au printemps, vous pourrez entendre leurs chants très spécifiques résonner dans la forêt.
6. Les milieux humides
L’arrêt à mi-pente permet d’observer, en contrebas du sentier du 550e, les différents biotopes. Gérée dans une vocation exclusivement écologique, cette zone est le paradis des rouges-gorges, des troglodytes, des merles, des fauvettes à tête noire ainsi que des fauvettes des jardins, des tarins des aulnes et des bécasses des bois.
Le couvert herbacé est principalement composé de végétaux typiques de ces milieux humides: ronciers, cardamines, luzules. Les essences ligneuses de ce site sont lacustres: saules, frênes, érables sycomores, aulnes. Seul petit feuillu qui porte des cônes, ce dernier attire le tarin des aulnes, dont vous pourrez (avec une peu de chance!) entendre le chant résonner dans les hautes frondaisons. Une partie de cette zone humide a fait l’objet d’un classement en réserve naturelle.
7. Un couvert abondant
En montant le sentier, vous serez sans doute étonné de voir - sur la gauche - que le sol est jonché de petits branchages et des vestiges de fougères de l’été passé. Le bois a une vocation naturelle, mais aussi sylvicole. Les arbres produits doivent donc présenter certaines caractéristiques économiques. Pour éliminer les fourches, les branches d’un diamètre trop important, les défauts de forme... un élagage artificiel a été pratiqué sur les jeunes plants. Les déchets d’élagage laissés sur place peuvent servir de gîte pour de nombreuses espèces et finiront par être dégradés sous l’action des champignons décomposeurs, insectes ou oiseaux...
La fougère aigle présente sur ces lieux secs et ensoleillés est très envahissante grâce à son important réseau souterrain (le rhizome a une longévité de plus de 100 ans). Ses frondes, peu appréciées du gibier et des oiseaux, se développent chaque année en mai et peuvent atteindre une hauteur de 3 m.
8. Une clef de voûte
Depuis 2000, des plantations de charmes ont été réalisées le long du sentier du 550e. Le projet était de créer une voûte à vocation esthétique et écologique, que vous pouvez actuellement admirez. Vous pourrez y voir des nids de troglodytes, merles, pinsons et ramiers.
9. Un peuplement de mélèzes
Sur votre droite, vous pourrez observer un peuplement de mélèzes (c'est le seul résineux indigène perdant ses feuilles en hiver). Son bois est imputrescible et résistant à toute attaque d’insecte. Dans les pays scandinaves, ses écorces, très riches en tanin, ont été employées à une large échelle pour le tannage des cuirs.
10. Le hêtre
Plus loin, vous traversez une futaie à dominance de hêtres. Cette essence d’ombre intercepte la lumière, acidifie le sol, tout comme le résineux, réduisant le développement des strates inférieures. Son bois a de multiples utilisations: construction, ameublement, charbon de bois. Dans ce paysage, les oiseaux sont surtout arboricoles: mésange, sittelle torchepot, grimpereau des jardins. La sittelle doit son nom à son habitude de maçonner l’entrée de sa cavité à l’aide de boue séchée, interdisant l’entrée aux divers prédateurs.
Vous pourrez peut-être observer un chevreuil dévalant la pente vers les zones humides où il pourra s’abreuver et trouver quelques graminées tendres. La période des amours s'étale de fin juillet à la mi-août. Après l’accouplement, les ovules fécondés restent au repos durant 4 mois; la vraie gestation commence ensuite et dure environ 5 mois. Cette gestation différée a pour effet d’éviter la mise à bat au cœur de l’hiver. Celle-ci aura lieu dans les zones humides, dans la discrétion la plus totale. La nourriture du chevreuil est surtout composée de rameaux et feuilles de frênes, d'érables, ce qui le rend responsable des dégâts aux plantations forestières. Il se régale également de ronces.
11. La grotte à chauves-souris
En descendant, sur votre gauche, vous emprunterez des escaliers façonnés avec des rondins de bois, vers la fontaine Paulus. Un peu plus loin, à hauteur de l’étang, vous pourrez sans doute observer (avec beaucoup d’attention) - sur le vallon - une construction dissimulée sous la végétation. Il s’agit d’une grotte à chauves-souris. Elle a été aménagée en 1996 à proximité des sources pour maintenir une hygrométrie ainsi qu’une température constantes, des conditions idéales comme gîte d’hiver pour les chauves-souris, salamandres, papillons, grenouilles, crapauds et une multitude d’insectes.
Voir la promenade n°5 au Bois des Rêves et Bruyères